[ Ce qu’il aurait fallu pour vivre ]
April 30, 2009 | By Patrick Bellerose

L'ultime numéro d'ICI
Quebecor a signé hier l’arrêt de mort de son hebdomadaire culturel ICI, malgré des millions de dollars investis et plusieurs chroniqueurs-vedettes. L’analyse de Luc Cormier, vice-président, recherche, de Cossette Communication-Marketing.
L’hebdomadaire montréalais publié depuis 1997 par Sun Media a toujours eu une situation financière précaire, a souligné Quebecor hier. L’entreprise affirme avoir investi plus de 10 millions de dollars pour maintenir le journal en vie.
«Nous avons repositionné le journal, avons modernisé sa grille graphique et fait appel à des chroniqueurs qui proposaient des points de vue originaux et percutants sur l'actualité, bref, nous n'avons ménagé aucun effort et exploré toutes les avenues possibles avant de prendre cette décision», a expliqué par communiqué Christianne Benjamin, vice-présidente, Journaux gratuits de Quebecor et Sun Media, pour la région de Montréal.
Mais l’hebdomadaire faisait face à une vive concurrence depuis ses débuts de la part du Voir, implanté à Montréal depuis 1986.
Selon les chiffres du printemps 2009 de PMB, Voir obtenait un lectorat de 500 000 personnes, contre 90 000 lecteurs pour ICI.
Pour Luc-André Cormier, vice-président, recherche, de Cossette Communication-Marketing, la fermeture du ICI est le résultat de la prolifération des médias gratuits. «Avec la montée des nouvelles gratuites, tant sur le Web que dans les médias imprimés, comme 24 h et Métro, il n’est pas étonnant qu’une certaine attrition se fasse», dit-il.
Mirror, le pendant anglophone du ICI, devrait toutefois survivre, selon Luc-André Cormier, puisqu’il n’est pas soumis à la concurrence des quotidiens francophones gratuits de Montréal.
Il estime également que d’autres marques plus fortes, comme Voir, pourront traverser la période difficile que confrontent les médias. «Voir a diversifié son offre, note-t-il, avec son site Web, ses blogues, les commentaires des internautes, etc.»
Le ICI, souligne M. Cormier, n’a jamais réussi à imposer une marque distinctive dans le paysage des hebdos culturels montréalais.
Pour l’analyste, il s’agit également d’un repositionnement du portefeuille de Quebecor, qui cumule le journal gratuit 24 h, le Journal de Montréal et des magazines culturels. De fait, Quebecor a annoncé qu’elle publiera désormais un cahier ICI chaque jeudi dans 24 h, et des textes seront repris sur le site Web du 24 h ainsi que sur Canoe.
«Je crois qu’on peut s’attendre à ce que 24 h ait désormais une section culturelle beaucoup plus solide», conclut Luc-André Cormier.


