[ Une entreprise montréalaise derrière la «Twitpocalypse» ]
June 15, 2009 | By Nicolas Ritoux | Comments
Tout le monde pensait qu'il s'agissait d'un canular. Même ses créateurs doutaient de leur propre prédiction. Finalement, la «Twitpocalypse» est bel et bien arrivée dans la nuit de vendredi à samedi. Retour sur un coup de pub inattendu, made in Montréal.
Tout a commencé par une blague, il y a trois semaines, entre Martin Dufort et Frédéric Brunel, partenaires de l'entreprise Where Cloud, qui vend le logiciel Reportage – une application Twitter pour iPhone qui classe les «tweets» par amis plutôt que par ordre chronologique, évitant ainsi qu’un utilisateur bavard monopolise la page.
La blague s'est vite transformée en un bon coup de pub virale qui a permis d'attirer des centaines de milliers de visiteurs sur le site Twitpocalypse.com.
«Twitter avait averti la communauté des programmeurs qu'il allait bientôt atteindre le nombre maximal de messages possibles avec un encodage de 32 bits, et que nous devions ajuster nos logiciels en conséquence», rappelle Frédéric Brunel.
«Nous avons pris l'opportunité de créer un site Web qui ferait le décompte de ce moment, que nous avons baptisé Twitpocalypse. Nous avons misé sur le fait que les gens allaient apprécier notre astuce, mais nous ne nous attendions pas à ce que notre prédiction se réalise!»
Dans la nuit de vendredi à samedi, malgré les avertissements du site de microblogage, une dizaine de logiciels de consultation de Twitter ont en effet cessé de fonctionner. Le nombre tant redouté de 2 147 483 647 tweets avait été atteint, au grand dam des utilisateurs d'applications telles que Twitterriffic pour iPhone, Tweetdeck, Twittie, Bluebird ou Nambu.
«On pensait sincèrement que nos concurrents auraient le temps de réparer leurs applications à temps, mais plusieurs n'ont pas réussi à le faire et leurs utilisateurs sont venus nous rendre visite en masse», dit Frédéric Brunel, qui a vu les ventes du logiciel Reportage (2,99 $ dans le AppStore) augmenter «très sensiblement» depuis samedi.
«Ce qui est plaisant, c'est de voir le mot Twitpocalypse utilisé par les gens de Twitter eux-mêmes, qui réfèrent de nombreux internautes à notre site. Depuis samedi matin, le buzz est énorme. Si vous tapez aujourd'hui Twitpocalypse dans Twitter Search, vous pouvez encore voir défiler les tweets à chaque minute.»
«C'est très agréable de faire parler de nous après des mois passés à programmer notre logiciel dans l'ombre de joueurs bien établis comme Twitterrific. Ça a donné une bonne réputation à notre produit Reportage, et à la capacité de notre entreprise de créer des applications iPhone qui font jaser», conclut M. Brunel.
Twitterrific pour iPhone, chef de file parmi les applications Twitter, s'est finalement remise à fonctionner hier après qu'Apple a accepté d'accélérer exceptionnellement la validation d'une mise à jour créée en toute hâte samedi par les programmeurs de Icon Factory.


