[ La Presse en mode sauvetage : quelles implications pour les annonceurs? ]
June 16, 2009 | By Nicolas Ritoux | Comments
![]() Mike Chiasson |
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La rumeur est devenue officielle hier après-midi : La Presse cessera de publier son édition du dimanche à la fin du mois et s'engagera dans un processus de compressions de 26 millions par année, dont 13 millions auprès de ses salariés. Trois directeurs médias se prononcent.
La Presse perdrait actuellement 2 millions par mois, selon Guy Crevier, président et éditeur, qui a publié deux pages complètes pour expliquer la situation à ses lecteurs et annonceurs ce matin.
La concurrence du numérique ainsi que le climat de difficultés économiques seraient à l'origine d'une forte baisse des revenus publicitaires, qui touchent l'ensemble des quotidiens en Amérique du Nord, rappelle M. Crevier.
Les compressions annoncées hier par l’éditeur aux salariés du quotidien, réunis au Palais des congrès de Montréal, devraient notamment toucher les employés de la rédaction et de la distribution.
Les négociations à venir porteront particulièrement sur la semaine de quatre jours, les vacances et autres points «chauds» de la convention collective venue à échéance le 31 décembre dernier. Des programmes de départ volontaire à la retraite seront aussi proposés.
Quels changements cette nouvelle implique-t-elle pour les annonceurs?
«On entendait les rumeurs depuis quelques semaines, mais c'est maintenant confirmé. C'est sûr qu'il va y avoir des répercussions dans l'industrie publicitaire, parce que ça nous laisse uniquement le Journal de Montréal le dimanche», a réagi Mike Chiasson, directeur média chez OMD Montréal.
«C'est un événement malheureux, peut-être inévitable, mais pour nous, d'un point de vue client, l'édition du dimanche était un petit bijou car le profil était différent de celui de la semaine, dit Karine Courtemanche, vice-présidente média à Touché!PHD. «C'était des gens qui n'avaient pas le temps le reste de la semaine de lire le journal, aussi le temps de lecture était privilégié car les gens en avaient davantage le dimanche. Aussi, il y avait un cahier santé très bon.»
«Probablement que le contenu va se retrouver dans l'édition du samedi, mais ce n'est pas nécessairement une bonne nouvelle de mettre toute l'info dans une même parution, car les consommateurs n'ont pas plus de temps pour lire. Donc, pour nous, c'est surtout la durée de lecture du dimanche que l'on trouve triste de perdre», poursuit Mme Courtemanche.
«Par contre, La Presse avait vu venir le coup et a investi beaucoup dans les technologies pour récupérer les revenus perdus et répondre davantage à ce que le consommateur recherche. C’était par conséquent une décision d'affaires très saine, plutôt que de persister à promouvoir la version papier», conclut-elle.
«C'est le reflet d'une grande tendance dont on se croyait relativement à l'abri au Québec, à tort», juge pour sa part Alain Tardy, vice-président médias chez Marketel. «L'élément de surprise a été l'annonce des pertes de 2 millions chaque mois par La Presse. Ça donne la mesure de la gravité de leur situation.»
M. Tardy se dit également inquiet pour l'édition du lundi, qui vit à son avis une situation comparable à celle du dimanche.
«Il n'est plus rare de voir presque aucune publicité importante le lundi dans La Presse, alors que, traditionnellement, c'était une grosse journée, surtout pour les annonceurs automobiles, qui ont maintenant presque disparu.»
«En fait, les annonceurs concentrent désormais leurs achats vers la fin de la semaine, à partir du jeudi jusqu'aux sommets du samedi», analyse M. Tardy. «À présent, il y a une grande disparité des revenus d'un jour à l'autre. Certains jours sont gagnants et d'autres sont perdants. Ce n'est pas étonnant que, dans ce contexte, le dimanche soit le premier jour à sauter.»





