Alors que Cosmos Capital a conclu une autre entente de blocage lui assurant désormais 37 % des actions pleinement diluées de Cossette, l’agence indique son intention de solliciter d’autres acheteurs. Il n'est toutefois pas certain qu'elle pourra obtenir plus que les 4,95 $ par action proposés par le groupe de François Duffar, selon un analyste.
Vendredi en fin d’après-midi, Cosmos annonçait l'arrivée d'un nouveau joueur. Après Burgundy Asset Management, c'est au tour du groupe d'actionnaires représenté par Beutel, Goodman & Company de s'allier à l'offre de Cosmos, portant la part du groupe d'acheteurs à 37,3 % des actions en circulation de Cossette.
Beutel conserve toutefois le droit de vendre ses actions à une tierce partie qui ferait une offre d’achat supérieure à celle de Cosmos, lequel énonce dans son communiqué se donner le droit d’égaler cette offre.
Deux heures plus tard fusait la réponse de Cossette. L’offre d'achat de Cosmos est non seulement «très opportuniste», mais, à 4,95 $ l'action, est «inadéquate financièrement». L’agence annonçait alors avoir mandaté son conseiller financier, BMO Marché des capitaux, pour solliciter d'autres acheteurs «dans les meilleurs délais».
Selon un analyste joint ce matin, la situation penche actuellement en faveur de Cosmos, formé par deux ex-dirigeants de Cossette, François Duffar et Georges Morin.
«Il reste à voir si Cossette va réussir à pousser la valeur de ses actions au-delà de 4,95 $», juge Adam Shine, analyste à la Financière Banque Nationale qui suit le titre de l’agence depuis dix ans.
«Bien que Cossette soit activement à la recherche d'un autre acheteur, il est difficile de savoir quelle offre sera assez élevée pour que [le président actuel de Cossette] Claude Lessard et son conseil d'administration la jugent adéquate.»
«Ce que nous savons, c'est que les récents résultats financiers de Cossette n'ont pas été impressionnants, et la dynamique provoquée par l'arrivée de Cosmos ne sera pas bonne pour le moral chez Cossette, qui lutte pour mener à terme une année 2009 peu satisfaisante», observe M. Shine.
Selon l’analyste, il serait étonnant que Cosmos retire son offre d’achat, comme il avait menacé de le faire dans son ultimatum du 4 août, où il pressait Cossette de lui donner accès à ses livres d’ici le 17 août, soit aujourd’hui.
«La plus grande question pour nous, c'est de savoir si une tierce partie se présentera au cours des prochaines semaines avec une offre suffisamment élevée. Il n'est pas certain que l'action de Cossette monte très au-dessus de 5 $, étant donnés ses résultats récents et la lenteur attendue du rétablissement de l'économie à court terme.»
Par ailleurs, un article de Michel Girard publié dans La Presse de vendredi faisait état de transactions effectuées avant l’offre d’achat de Cosmos. Claude Lessard et cinq de ses collègues de la direction de Cossette ont collectivement acheté plus de 100 000 actions au cours du mois de juin, soit un mois avant l'offre publique d'achat de Cosmos. Ces actions ont grimpé de 45 % par la suite.
Jointe ce matin, l'Autorité des marchés financiers (AMF) n'a pas souhaité confirmer ni infirmer qu'une enquête serait mise sur pied pour établir si un délit d'initiés a eu lieu. «C'est sûr que ces transactions passeront sous la loupe de nos équipes dédiées à la surveillance des marchés et aux transactions d'initiés», a simplement déclaré Sylvain Thiberge, porte-parole de l'AMF.


