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[ Campagne de terrain version 2.0 pour Projet Montréal ]

04 septembre 2009   |   Nicolas Ritoux


Le candidat Luc Ferrandez de Projet Montréal a trouvé un moyen original de communiquer les positions de son parti sur l'aménagement du territoire. Il organise des projections de rue spontanées plusieurs soirs par semaine, seul sur son vélo équipé d'un ordinateur portatif, d'un projecteur et d'un écran.

Hier soir, au coin des rues Waverly et Saint-Viateur à Montréal, les passants ont eu la surprise de voir ce «conférencier de rue» leur expliquer les possibilités d'urbanisme offertes par leur ville, diaporama à l'appui.

Pour chaque photo qu'il a prise à Montréal, le candidat de l'arrondissement du Plateau Mont-Royal montre une photo d'un endroit équivalent dans une autre ville, où un projet d'urbanisme est parvenu à améliorer la qualité de vie des citoyens et le respect de l'environnement sans nuire à la circulation des personnes et aux activités économiques.

Nouveau en politique, le consultant en gestion Luc Ferrandez compte reproduire l'expérience cinq fois par semaine jusqu'à la tenue des élections municipales, le 1er novembre.

«Chaque fois, des bénévoles m'aident à trouver un endroit pour brancher mon ordinateur et mon projecteur, puis on regroupe 5-6 personnes et à partir de ce noyau, les badauds s'arrêtent. Certaines fois, on a fini avec plus de 50 personnes!», explique Luc Ferrandez.

«Il y a un grand scepticisme face aux questions environnementales: les gens pensent que nous sommes des rêveurs, que nos idées ne sont pas réalisables, que ça va prendre du temps et de l'argent, que ça va nuire à l'économie. Alors moi, je montre des endroits du monde où des solutions pratiques et efficaces ont été trouvées.»

«Les gens tombent par terre quand je leur montre le boulevard Saint-Joseph il y a cent ans, avec ses magnifiques grands arbres sur le terre-plein central, puis quand je le compare au boulevard Raspail à Paris dont l'urbaniste de l'époque s'était inspiré. Quand tu montres le même coin de rue à Bogota ou à Paris, tu réalises que Montréal a peut-être trop axé son développement autour de l'auto», indique-t-il.

Le candidat a choisi de concentrer ses présentations sur l'aménagement du territoire parce que les autres dossiers chauds de Projet Montréal, comme la lutte contre la pauvreté et les familles en ville, se communiquent «difficilement» avec un diaporama.

«Je n'aurais pas été capable de faire ça aussi facilement il y a cinq ans, reconnaît le candidat rompu aux technologies numériques. Aujourd'hui, je peux trouver des photos de chaque coin de rue du monde sur le Web; je peux prendre des photos de 10 mégapixels d'un coin de rue similaire à Montréal, alimenter mon blogue avec ça en fin de journée, et sortir faire ma présentation le soir. Mon projecteur est plus petit que mon laptop, il est très puissant et m'a coûté moins de 1 000$. J'utilise un écran de réflexion de photographe, qui se déploie tout seul à partir d'une petite boule. Tout ça est fixé sur mon vélo avec des tubes en PVC.»

Prochaine étape technologique: l'ajout d'une batterie au dispositif, qui lui permettra de s'aventurer dans les parcs sans nécessiter de prise de courant.

L'idée est bien sûr de recruter des électeurs pour Projet Montréal. Après chaque présentation, Luc Ferrandez récolte les courriels des spectateurs. Mais hier, sans doute trop emporté par ses photos, il a oublié de le faire.

«Les gens peuvent toujours venir sur mon blogue pour poursuivre la discussion», précise-t-il.

La prochaine projection est prévue mercredi soir sur la rue de l'Esplanade, entre Saint-Viateur et Bernard.

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