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[ «Facebook s'est payé une équipe géniale» ]

11 août 2009   |   Nicolas Ritoux   |   Comments

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Sébastien Provencher

L'achat de Friendfeed par Facebook était la grosse nouvelle de la journée hier dans le milieu des technologies. Quelles améliorations cette transaction va-t-elle apporter à Facebook? Analyse avec Sébastien Provencher, spécialiste des médias sociaux.

Lancé il y a trois ans, le service Friendfeed offre des fonctions de «microblogue» similaires à Twitter, mais permet aussi de rapatrier dans une seule page tous les ajouts effectués par les utilisateurs/amis dans d'autres médias sociaux, de Twitter à Flickr en passant par leurs propres blogues. Il offre aussi un puissant moteur de recherche des activités des usagers en temps réel.

Selon le Wall Street Journal, le montant de la transaction avoisinerait les 50 M$. Facebook n'a pas précisé si la technologie de Friendfeed allait être incorporée à son site. En revanche, Chris Cox, vice-président produits de Facebook, a confirmé à l'Associated Press que les douze employés de Friendfeed allaient maintenant travailler pour le compte du géant des médias sociaux.

Deux des quatre fondateurs de Friendfeed, Bret Taylor et Paul Buchheit, sont des figures incontournables du Web 2.0. Anciens employés de Google, on leur doit la création de Google Maps et de Gmail, respectivement.

«Ce que Facebook s'est acheté, c'est surtout une équipe géniale qui leur donne la capacité d'innover rapidement», analyse Sébastien Provencher, co-fondateur de Praized Media, blogueur et conférencier spécialisé dans les médias sociaux, qui a déjà eu l'occasion de travailler avec Bret Taylor.

«C'est un move très intéressant de la part de Facebook. On sait qu'ils sont avec Google les deux gros mastodontes du Web de l'avenir. Facebook a une masse énorme d'utilisateurs qui offre un potentiel incroyable de recherche en temps réel sur les tendances et opinions sociales, tandis que Google se sert principalement de machines et d'algorithmes pour effectuer ses recherches.»

«Le problème, c'est que Facebook n'a jamais exploité son potentiel. Sa technologie actuelle rend difficile la recherche en temps réel. C'est un réseau fermé, et c'est difficile de faire remonter des informations à la surface une fois qu'elles sont archivées. Pendant ce temps, on a assisté à la montée de Twitter, qui lui offre un excellent outil de recherche. Avec Twitter, on peut réellement prendre le pouls de la société en temps réel.»

«Facebook a peut-être tenté d'acheter Twitter pour acquérir cette capacité, mais au bout du compte, je crois qu'ils ont raison d'investir plutôt dans Friendfeed. Friendfeed n'a eu qu'un succès d'estime, surtout dans la communauté des technologies, mais tout le monde voyait bien que leur moteur de recherche était plus avancé que celui de Twitter. On avait d'ailleurs l'impression que Twitter et Facebook passaient leur temps à copier Friendfeed. Pour plaisanter, on disait parfois que Friendfeed était le département de RD informel de Facebook!»

«Vu le faible succès populaire de Friendfeed, ses dirigeants ont dû se dire qu'il était mieux pour eux de rejoindre Facebook. Ils avaient des problèmes de ressources financières, n'ayant levé que 5 millions de dollars depuis leurs débuts.»

Facebook a une base d'utilisateurs estimée à 250 millions. Au fil des ans, il a amassé plusieurs centaines de millions de dollars en investissements, dont 240 M$ de Microsoft pour des actions privilégiées représentant 1,6 % de l'entreprise. Facebook offre des produits de placement média agrémentés d'outils de ciblage précis selon les informations démographiques fournies par ses utilisateurs. Selon Business Week, la valeur de l'entreprise est estimée entre 3,75 et 5 milliards de dollars.

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