[ Le Devoir se refait une beauté 2.0 ]
16 octobre 2009 | Nicolas Ritoux

Après quelques moments de noirceur ce matin, le nouveau site du Devoir est en ligne, avec un nouveau look, de nouveaux outils de navigation et quelques nouveautés dont un blogue tenu par le chroniqueur vedette Jean Dion.
Jusqu’à maintenant, il était difficile pour les journalistes du Devoir de mettre des nouvelles en ligne entre les périodes de rafraîchissement du site, qui publiait l’édition du jour la veille au soir.
Grâce à un nouvel outil de gestion développé par l’agence Egzakt de Trois-Rivières, qui a obtenu le mandat de la refonte complète du site plus tôt cette année, les journalistes pourront diffuser des nouvelles au fil de la journée, et aussi communiquer plus directement avec les lecteurs, qui ont accès à de nouveaux outils sociaux.
«On s’est mis au diapason de l’industrie en entrant dans le champ du Web dynamique, avec des mises à jour régulières, et la naissance de communautés d’intérêts autour de différents sujets», explique Benoît Munger, coresponsable du contenu en ligne au quotidien de la rue de Bleury.
«Nous souhaitons à terme que le contenu du journal ne soit qu'une partie du contenu qu'on veut offrir en ligne, affirme M. Munger. Nous allons aussi créer une véritable communauté en ligne, grâce à une relation plus proche avec les lecteurs et des services mieux adaptés aux outils sociaux du Web. On a aussi l'intention de faire une vraie application pour iPhone (et non une simple «web-app» comme c'est le cas en ce moment, NDLR).»
«Mais nous n'allons pas pour autant nous lancer tous azimuts dans les blogues et la vidéo, comme le font d'autres quotidiens, tempère M. Munger. Notre approche est plutôt de concevoir des concepts réfléchis, originaux, comme le blogue d'Antoine Robitaille, qui aborde la politique autour des mots, ou le nouveau blogue de Jean Dion sur le thème "C'était ben mieux avant".»
Côté modèle d'affaires, LeDevoir.com continuera à offrir une partie de ses contenus en ligne sous forme d'abonnement. Mais à présent, les internautes abonnés au site auront droit à des contenus originaux qu'on ne trouvera pas dans le journal.
«Nous nous sommes rendu compte qu'en donnant le contenu, on le dévalorisait. Au Devoir, nous visons moins la vitesse que la qualité. La voie prometteuse pour faire cela, c'est l'abonnement Web. Il n'y a pas de recette magique dans ce domaine, mais la nôtre a tout de même été constante et rentable depuis plusieurs années. Nous avons 2 600 abonnés en ligne, qui nous apportent des revenus importants même si c'est sans comparaison avec ceux du journal papier», dit M. Munger.
Côté technologique, le site s'est doté de tous les outils et principes récents du Web. «Ça a été une refonte globale, incluant toute l'architecture d'information, le look & feel, et une grille beaucoup mieux structurée, étalonnée selon l'exemple de plusieurs grands quotidiens internationaux», précise Denis Roy, président de l'agence Web Egzakt.
«En termes de fonctionnalités, ce n'est que la phase 1 d'un processus continu d'améliorations qui va durer plusieurs mois. Ce sera une augmentation considérable de l'expérience utilisateur, basée entièrement sur des technologies open-source », indique M. Roy.
Pour ce qui est des formats publicitaires, on signale être ouvert aux propositions. «Nous continuons à offrir les formats correspondants aux normes IAB (Bureau de la publicité interactive du Canada), et nous demeurons toujours ouverts et intéressés à explorer les nouveaux formats que peuvent nous demander nos clients – toujours évidemment sous le contrôle de l’éditeur (Le Devoir), qui préapprouve tout projet spécial devant être diffusé sur son site», indique Patrick Pierra, coprésident et cochef de la direction de BV! Media, qui assure la représentation publicitaire du quotidien.


