[ La COCQ-Sida et Marketel en lutte contre la «sérophobie» ]
31 juillet 2009 | Nicolas Ritoux | Comments
Alors que le festival Divers/Cité bat son plein, une nouvelle campagne virale s'attaque aux préjugés dont sont victimes les hommes atteints du VIH.
Sur le site StopSérophobie , une vidéo créée par Marketel et le studio ALT présente un couple d'hommes en pleine escalade de désir, jusqu'à ce que l'un glisse à l'oreille de l'autre un secret inaudible pour l'internaute. La réaction est immédiate et brutale : l’homme est repoussé avec violence jusque dans un placard. La porte se referme sur les mots «Exclure un séropositif, c’est être sérophobe». L’adresse du site apparaît ensuite.
La vidéo est également diffusée sur YouTube.
Cette campagne est le fruit d'un partenariat renouvelé entre l'agence Marketel et la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le SIDA (COCQ-Sida).
Lancé hier, StopSerophobie.org est accompagné d'une annonce imprimée dans le magazine Fugues, ainsi que de marque-pages, autocollants et affiches distribués à partir d'aujourd'hui dans le Village gai à Montréal. Ce soir au Parc de l'Espoir, le COCQ-Sida invitera le public à témoigner devant une caméra sur les préjugés associés à la séropositivité. Ces témoignages seront ajoutés sur le site un peu plus tard.
Un kiosque sera aussi ouvert dans deux semaines, lors des Célébrations de la Fierté Montréal, pour distribuer des autocollants disant «J'ai embrassé un séropositif». Des personnes séropositives participeront également au défilé, munies de pancartes. Une délégation sera aussi présente au défilé de la Fête de l'arc-en-ciel à Québec, du 4 au 6 septembre.
«C'est un geste très courageux de leur part, affirme René Légaré, coordonnateur aux communications de COCQ-Sida. Les séropositifs sont très souvent victimes de discrimination et de rejet de la part des partenaires qu'ils rencontrent. On leur coupe les ponts, on les met à la porte, on les ignore. Dans les sites de rencontres gais, on voit souvent la mention ‘’cherche homme clean et en santé’’, laissant entendre que les hommes séropositifs sont sales. En réalité, ils sont souvent en meilleure santé que bien des séronégatifs, du fait de leur suivi médical actif.»
Pourquoi avoir créé le néologisme «sérophobie»? «Le terme commence à circuler dans le milieu, même si c'est encore nouveau. Nous voulons faire le lien avec l'homophobie, qui crée le même type d'impact chez ses victimes», explique M. Légaré.
«Le sujet de la séropositivité peut être très délicat. C'est une information confidentielle à chacun, mais en même temps, les partenaires ressentent le besoin de le savoir. Alors nous cherchons à créer un environnement où le dévoilement du statut séropositif sera facilité. On commence avec les hommes gais pour le moment, mais on veut vraiment créer un environnement où tout le monde trouve son compte avec une information claire sur le sujet.»
«Nous ne disons pas aux séronégatifs d'avoir absolument des relations sexuelles avec les séropositifs; ils font ce qu'ils veulent, ajoute M. Légaré. Mais ce que nous leur disons, c'est qu'il y a des manières plus convenables et respectueuses d'exprimer leur réticence.»


