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[ Marie-France Bazzo met les poings sur les i ]

18 août 2009   |   Nicolas Ritoux   |   Comments

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La publicité «Des mots d'espoir»,
conçue par bleublancrouge, avait
remporté le Prix du public et une
1ere mention aux prix Francopub 2008.

La porte-parole de la Fondation pour l'alphabétisation, qui sera nommée officiellement le 8 septembre en même temps que démarrera une campagne publicitaire, nous a parlé avec passion de la toute première cause qu’elle embrasse.

Le 8 septembre, Journée internationale de l’alphabétisation, la Fondation pour l’alphabétisation donnera le coup d'envoi d'une campagne créée par l'agence bleublancrouge.

Sa nouvelle porte-parole, toutefois, en a déjà long à dire. Jointe ce matin à son bureau, l’animatrice Marie-France Bazzo s'est montrée intarissable sur le sujet de l'alphabétisation, qui la passionne autant qu’il la choque.

«On m'a approchée parce que j'ai parlé régulièrement de ce sujet dans mes émissions, depuis plusieurs années. Je n'ai jamais été porte-parole de quoi que ce soit; d'habitude, j'ai même un certain scepticisme face aux vedettes qui deviennent porte-parole, même si certains font une job extraordinaire.»

«Quand ils m'ont contactée, je leur ai dit : vous n'aurez pas une porte-parole polie, je vais être enragée et je prendrai les politiciens à partie!»

«Je suis profondément choquée par l'absence de préoccupation collective, l'incapacité que nous avons comme société à accorder de l'importance à l'alphabétisation.»

«Au Québec, on descend dans la rue pour bien des causes moins importantes que l'analphabétisme fonctionnel, qui concerne la moitié de la population.

Vu l'effet effarant que ce problème a sur notre société, ça me choque beaucoup qu'on ne se mobilise pas plus à ce sujet. On parle du décrochage scolaire, par exemple, mais on ne parle presque jamais de l'analphabétisme, qui est pourtant directement lié.»

«Les gens s'imaginent que ce problème touche seulement des vieillards édentés, mais beaucoup de jeunes diplômés de notre système d'éducation secondaire ne sont pas capables de comprendre tout ce qu'ils lisent. On ne parle pas de lire des livres de philosophie, mais bien de comprendre un article du Journal de Montréal, une affiche ou un formulaire du gouvernement.»

«Quand des régions au complet perdent leurs emplois, beaucoup de chômeurs ont du mal à retrouver un emploi car ils ne savent pas lire correctement. Quand des parents ne savent pas lire, ils ne peuvent pas suivre l'évolution de leurs enfants à l'école et ne peuvent même pas leur lire des histoires. L'alphabétisation, ça touche à tout : l'économie, la politique, la famille, la fierté d'une société.»

«Je suis une privilégiée, je suis très diplômée, et aucun de mes amis n'est touché par l'analphabétisme à ma connaissance. Mais quand un Québécois sur deux a des difficultés de lectures, c'est certain que je côtoie sans le savoir des gens qui ont ce problème. Des aînés, mais aussi des jeunes, des travailleurs, des pères, des mères!»

«Dans les pays musulmans où le terrorisme prend racine, il a été démontré ces dernières années que l'alphabétisation permet de réduire la prise des idéologies extrémistes sur les gens. Les jeunes filles qui vont à l'école ont un taux de fécondité moins élevé, et sortent des manufactures. Le début de la démocratie passe en grande partie par là.»

«Le message que je donnerai en tant que porte-parole, c'est que l'alphabétisation te donne une prise sur ton avenir et celui de tes enfants, la capacité de te projeter en avant. Un Québec éduqué, ça passe par un Québec qui sait lire.»

La Fondation pour l’alphabétisation célèbre ses 20 ans cette année. L’an dernier, la campagne de bleublancrouge «Des mots d’espoir» avait permis d’augmenter le volume d’appels téléphoniques à l’organisme de 100 %, soit davantage qu’après la révélation d’analphabétisme de Jacques Demers en 2005.

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