[ Après les médecins, les clowns et les reporters… ]
24 septembre 2009 | Nicolas Ritoux

Il y a maintenant Relations publiques sans frontières (RPSF), organisme sans but lucratif qui a vu le jour hier lors du 6e Forum Tremblant sur la responsabilité sociale des entreprises.
RPSF participe déjà à deux projets d’Oxfam-Québec pour les Africaines victimes de violence, en assistant et en formant le personnel d’Oxfam sur le terrain.
Deanna Drennel, une relationniste montréalaise d’expérience, est la première bénévole envoyée par le nouvel organisme. Elle fait actuellement une tournée de reconnaissance au Niger, au Burkina Faso et au Bénin; elle y reviendra en novembre pour assister le personnel d’Oxfam-Québec dans le cadre de l’opération «16 jours contre la violence faite aux femmes».
Administré par 11 cadres supérieurs et chercheurs en relations publiques, RPSF compte financer entièrement les frais de ses bénévoles envoyés sur le terrain; différentes solutions seront possibles pour organiser les missions des relationnistes qui souhaitent s’impliquer, soit en les envoyant durant des périodes de travail peu actives, ou en faisant appel à des retraités.
RPSF est le fruit d’une idée du relationniste Stéphane Prud'homme, du cabinet 180 degrés, actuellement en déplacement en Chine, qui a reçu l’appui de Luc Beauregard, fondateur du cabinet National. À ce noyau sont venus se greffer des représentants de Res Publica et Cohn & Wolfe (qui font partie du réseau de National), mais aussi de Molson Coors, de Bristol Myers Squibb, de Cascades, de Jacob, et de l’UQÀM.
«RPSF peut vraiment faire une différence dans la mission d’organismes comme Oxfam-Québec, car ils travaillent dans des conditions difficiles avec peu de ressources», explique Rick Petersen, associé chez National et responsable de la pratique nationale de responsabilité sociale pour ce cabinet.
«L’expertise en communications peut vraiment influencer l’impact de programmes comme les 16 jours, qui cherchent à provoquer des changements profonds dans les comportements. Ça prend beaucoup de communication, et c’est pareil pour ceux qui veulent creuser des puits ou bâtir des écoles.»
Symbole de la sophistication des démocraties capitalistes modernes, les relations publiques ne risquent-elles pas de paraître un peu superficielles en Afrique? «Non, pas du tout, affirme M. Petersen. Les partenaires locaux sont ravis de notre engagement. Jusqu’à maintenant, la campagne des 16 jours obtient peu de succès dans certaines zones, et l’arrivée d’une professionnelle aguerrie des communications comme Deanna peut vraiment améliorer la qualité des messages, et par là même les résultats. Le niveau d’expertise en relations avec les médias n’est vraiment pas bon là-bas, mais avec une formation professionnelle, le personnel d’Oxfam réussira à se faire entendre davantage.»
La violence conjugale est endémique en Afrique de l’Ouest, tout comme le viol, les mutilations génitales et les mariages forcés. Jusqu’à 85 % des femmes du Niger sont analphabètes, soit deux fois plus que les hommes.


